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mercredi 12 décembre 2012

[Nouvelle] Un extrait - Chapitre : La Dernière Rencontre


Elle est là.

Il fait noir. J'ai peur. J'ai chaud. J'ai froid.

Elle feule. Elle grogne. Elle gronde. Chacune de ses inspirations produit un vacarme assourdissant,  terrifiant, inhumain.

Mon corps semble servir de caisson de résonance. Chaque grave fait vibrer mes os jusqu'au plus profond de mon être.

Je n'ose pas la regarder. Je ne sais pas si elle parle ou si elle vocifère. Je ne sais pas si elle est amicale ou belliqueuse.  Je ne sais pas si elle me voit. Je ne sais pas si elle a conscience de l'existence même de l'Humanité. Je ne sais rien. Je ne sais plus rien.

Là, dans les ténèbres, elle est tout. Encore des grognements horribles, qui arrêtent et reprennent dans un cycle incompréhensible. Des fois on dirait qu'elle s'étouffe subitement, puis le hurlement reprend de nouveau. Encore plus fort, encore plus puissant, encore plus vibrant.

Le son semble venir du tréfonds de sa gorge, du fin fond des âges. Il ne semble jamais vouloir s'arrêter. Il s'accélère, et, durant plusieurs secondes, ou plusieurs minutes, prends un rythme régulier. Mon cœur semble s'accorder, involontairement, avec chacune de ses inspirations. J'ai mal dans la poitrine. Il bat trop fort. Il bat trop puissamment. Il ne peut pas rivaliser avec les expirations gutturale et inhumaine de cette Déesse.

Je suis épuisé. Je sens que je vais tomber. A quoi bon lutter ? Elle va me dévorer, je ne sentirais rien. Ou alors je souffrirais atrocement, tandis que ces crocs déchireront mon corps, et que ces griffes me perforeront les poumons. Je n'arrive plus à penser. Il y a trop de bruit. Il fait trop noir.

Mon esprit est dépassé par ces afflux d'émotions. Ce n'est même plus de la Peur, c'est du renoncement. Je veux mourir. Je veux que tout s'arrête.

Encore ces grondements lugubres, longs, semblant chercher de l'air. Déchirants les ténèbres, déchirants la Réalité, déchirants le voile de ce que l'on appelle la Raison.

Le gout du sang commencent à imprégner l'air ambiant. Je le sens à peine. Mon corps a des soubresauts que je ne peut contrôler. Je suis une fourmi de chiffon, agitée par la fille d'un Cyclope. Je ne suis rien. Je ne suis qu'un afflux électrique vers mon insignifiant cerveau qui signifie "douleur" ; quelques électrons au sein d'un océan d'étoiles et de vide.

Je n'entends plus rien. J'ai du perdre l'audition. D'ailleurs, je ne vois plus rien non plus. Je ne sais pas si je suis assis, debout ou allongé. Mes pensées reprennent leurs cours dans un amas de coton soyeux, doux, chaleureux. Je pourrais presque m'endormir, comme dans un lit douillet, une pluie d'été frappant régulièrement les carreaux de ma chambre d'enfant, par une nuit fraîche.

Mais non, il ne faut pas. Je dois souffrir encore un peu. Encore un minimum. Encore...

J'entends de nouveau ses rauquements inhumains. Ils emplissent la pièce, la région, l'univers. La douleur et la folie se remettent à danser sur mon corps et mon âme, chacun y allant de son ballet chaotique, glissant et virevoltant à travers mon sang et mes larmes.

Qu'ais-je fais ? J'ai libérée une puissance ancienne. Très ancienne. Elle était là avant l'Humanité. Avant toutes choses. Nous ne sommes pas faits pour la côtoyer. Sans le vouloir, elle pourrait nous balayer de la surface de la Terre. Un dernier hurlement, avec un écho sourd. Il est plus long et plus fort que les autres. Ma gorge s'enflamme, mes oreilles explosent, tout comme mon crâne et ma cage thoracique sous les battements erratiques de mon cœur.

Puis plus rien.

Je ne vois que deux yeux ambrés, immenses, aux pupilles rondes comme deux lunes noires suspendues dans un ciel de couleur jaune sombre. Elle me regarde, j'en suis sur. Elle a posée son regard directement sur mon âme et y imprime une succession d'images qui s'accélèrent : la persistance rétinienne directement dans mon cortex. Comme les dessins de mon enfance, des bonhommes bâtons, avec des épées, que je faisais s'animer sur les pages d'un calepin.

Des courbes, des lignes, une étoile, un œil, une flamme.

Puis plus rien.




mercredi 29 décembre 2010

[Mage] Culte de l'extase - Un Junkie doué

Un esprit brillant, élevé dans les traditions magiques par ses parents, mages tout les deux.

Prédit à un grand avenir, il fut choyé mais également préparé à devenir un mage puissant, et, pourquoi pas, un oracle.

Lorsque son père, un Onirologue, disparut dans l'Umbra, sa mère fut anéantie.

Elle commença à délaisser son enfant, passant de plus en plus de temps dans la bibliothèque familiale, ainsi que dans l'Umbra, à la recherche de son mari.
L'enfant appris alors rapidement à se débrouiller seul, tout en gardant pour lui la douleur de la perte de son père.
Il profitait également des absences de sa mère pour se plonger, lui aussi, dans les livres et grimoires, à la recherche d'un indice ou d'un espoir.

Au fur et à mesure des mois, sa mère sombrait lentement dans la folie, entrainée par son chagrin. Complétement aveuglée par la douleur, elle en vint même à pactiser avec des esprits lointains de la Pénumbra, en échange d'information sur son amour perdu.
Ce qui devait arriver arriva. Des créatures, possédées par des esprits malveillants, envahirent le sanctuaire et le réduit en pièces.

L'enfant n'avait que 15 ans, mais grâce à sa Magye et à ses formidables capacités, il survécut et réussit à s'enfuir. Sa mère n'eut pas cette chance.

Il vécut dans la rue, passant de squats en squats, et cherchant, dans les paradis artificiels, un réconfort et une chaleur perdu à jamais.
Il avait d'ailleurs du mal à utiliser ses pouvoirs lorsqu'il n'était pas sous l'emprise de la drogue, son inconscient tentant de refouler sa douleur, ainsi que tout ce qui y était lié : son père, sa mère, sa Magye...

Il ne fallut pas longtemps pour que la Technocratie, ainsi que les Traditions, repèrent le jeune homme. Un membre de Culte de l'Extase organisa une entrevue avec le garçon et réussit à lui faire reprendre confiance. Il lui appris à utiliser la drogue comme foci, ainsi qu'à décrocher, de temps à autre, ne serait-ce que pour éviter de se faire prendre par les Hommes en noirs et autres menaces qui pèsent sur les Mages.
Il fallait qu'il arrête de s'apitoyer sur son sort. Il était un Mage, doté d'immenses pouvoirs. Il lui fallait dépasser son chagrin et sa douleur, et devenir ce que ses parents attendaient de lui.

Il a déjà perdu beaucoup de temps depuis ses 15 ans, depuis la début de sa descente aux enfers. Aujourd'hui, il est temps de se remettre au travail.

lundi 8 mars 2010

[Scion] Adopté par Athéna

Américain d'origine japonaise, tu as été élevé dans cette double culture. Fier d'être américain, tout en ayant un grand respect pour les traditions ancestrales de l'île d'origine de tes parents.

Tu as rapidement montré une grande facilité à la pratique du Kendo et du Iaijutsu, et c'est assez naturellement que tu t'es tourné tout entier vers cet art martial.

Pour tes 18 ans, tes parents t'ont offert un voyage au Japon. Ru as pu rencontrer des maîtres du sabre, mais également visiter des forgerons pratiquant, encore, des techniques vielles de 5000 ans. Tu es vraiment tombé amoureux de cette pratique et, devant ton enthousiasme à vouloir apprendre, l'un des maîtres t'a offert un Katana avec d'étranges inscriptions.
De retour chez toi, tu les as montrés à tes parents, tous deux professeurs : c'était du grec ancien signifiant "victoire".
Cet anachronisme te laissait perplexe et, durant plusieurs nuits, tu ne trouvas pas le sommeil, essayant vainement de comprendre comment une telle arme avait pu avoir ces inscriptions.

C'est alors que le Destin frappa à la porte d'entrée de ta vie, ce maudit jour où un jeune forcené tira dans plusieurs salles de cours de l'université dans laquelle travaillait tes parents. Ce fut un massacre, plusieurs élèves y laissèrent la vie, ainsi que tes deux parents. Ce fut les informations de 12h00 qui te révélèrent cette histoire, alors que le forcené s'était retranché dans une salle de classe. Tu avais été prévenu de la mort des 2 êtres les plus chers au monde par la télévision.
Ivre de rage, avide de vengeance, tu n'avais plus qu'une idée en tête : transpercer de part en part l'assassin de tes parents avec ce katana qui hantait tes nuits. Quelque minute plus tard, tu étais sur le campus et, grâce à un double de clé de ton père, tu avais pénétré dans le bâtiment, au nez et à la barbe de la Police.

Rapidement, tu retrouvas le jeune homme avec son arme automatique. Mais, tu n'étais pas un tueur. Tu hésitas. Une seconde. Puis deux... Le jeune meurtrier te remarqua et pointa l'arme sur toi, le regard vide. C'est à ce moment là qu'une femme splendide, à la chevelure de miel, t'apparut, se révélant être Athéna, celle là même des Mythes & Légendes grecques. Elle te révéla que tu n'étais pas un garçon ordinaire. Que l'Ichor, l'essence même des Dieux, coulait dans ton sang et que tu valais mieux que de devenir un simple meurtrier, même si la Vengeance était, pour elle, une noble vertu. Elle te choisit pour Scion et réveilla tes pouvoirs latents. En échange, elle te demanda de la servir pour le reste de ta longue vie, au service d'une cause plus noble et plus juste.

C'est la douleur de l'impact de la balle qui te sorti de ta transe mystique. Elle avait déchiré les muscles de ton bras droit, mais l'Ichor faisait déjà son œuvre, faisant disparaître instantanément la blessure. Fixant ton regard directement dans les yeux de ton agresseur, ce dernier se trouva comme paralysé, son arme toujours braqué sur toi. Ce n'était qu'un pauvre gosse, de ton âge ou presque. Il semblait terrorisé par ce qu'il venait de se passer. Tu pris la fuite, le laissant dans l'incompréhension. Quelques instants plus tard, alors que tu refermais la porte par laquelle tu étais rentré, tu entendis un dernier coup de feu. Il s'était donné la mort.

Depuis, sans argent pour continuer à financer tes études, tu gagnes ta vie en tant que professeur de Kendo, faisant quelques compétitions et gagnant des trophées. Les sponsors te paient suffisamment pour subvenir a tes besoins et, dans quelques mois, tu espère pouvoir financer ta propre forge, au fond de ton jardin de banlieue.

Si, évidemment, le Destin ne revient pas frapper à ta porte.


[Scion] Fils de Tezcatlipoca

Tu as rapidement su que tu étais différent des autres. Ta mère était morte en te mettant en monde, et tu as vécu dans un orphelinat de Mexico. Les autres enfants te craignaient et, dès qu’ils le pouvaient, s’arrangeaient pour te faire des misères.

A 16 ans, alors que tu travaillais en tant que manœuvre dans une exploitation forestière, tu es tombé sur un ancien site Aztèque. La, un homme à moitié nu célébrait une sorte de rituel devant une statue de Jaguar. Cette statue semblait très ancienne et représentait un jaguar posant sa botte sur un bol orné de motifs religieux. A peine remarquais-tu le bol que l’officiant y déposait un cœur humain, tout juste extrait de la poitrine d’une jeune femme a ses pieds. Tu ne pu contenir un cri, se qui te révéla a l’étrange prêtre.

Tu pris la fuite immédiatement, mais, malgré sa jambe boiteuse, l’homme te rattrapa facilement et pointa sur toi sa dague d’obsidienne, avant d’être projeté et secoué, telle une poupée de chiffon, par un jaguar qui venait d’apparaître. Tu ne pus détourner tes yeux du spectacle de cri et de sang, l’animal dévorant sa victime. C’est tétanisé de peur que tu vis le jaguar poser ses yeux verts sur toi.

C’est alors que ton père t’apparut. Tezcatlipoca, le seigneur du Miroir Fumant, le dieu du Destin, celui qui apporte la discorde et le vice. Il te révéla ton secret et le combat contre les titans. Entre folie et adoration, tu le suivis dans la forêt, devenant son instrument pendant deux années.

Il fit de toi son pantin, sa marionnette. Semant la discorde et le meurtre sur ton passage. Il s’arrangeait pour faire venir des gens influents sur des chantiers, à des inaugurations… et tu frappais, lançant après eux une chasse à l’homme dont ils ne pouvaient sortir vivant. Pendant ces deux années, tu ne fus accompagné que d’une seule personne : le jaguar. Il était ton seul ami, ton seul exemple, le seul à t’écouter parler et à ne pas te commander.

Tu ne sais pas vraiment ce qu’il s’est passé. Peut-être que ton père s’est lassé de toi, ou alors que tu es devenu plus rebelle avec l’âge… mais, à 18 ans, tu as décidé de quitter cette forêt, de ne plus être l’instrument de mort de ton père. Désormais, toi seul choisiras qui devrait mourir et pourquoi. Et non plus un quelconque commanditaire, fut il un Dieu.

Tu as pris la statue du Jaguar, tu l’as mise a l’arrière de ton pick-up et pris la direction des Etats-Unis. Si ca se trouve, c’est encore une manipulation de ton père... mais peu importe, tu es un prédateur et ta place n’est pas celle de la proie des instincts de ton Père.

Une guerre se prépare, contre les Titans et leurs engeances. Ils sont décidés de traquer les scions et l’Humanité tout entière, pour les soumettre à leur joug et leurs griffes. Tu vas leur faire comprendre ce qu’est un vrai prédateur.

dimanche 21 février 2010

[Capharnaüm] Altaïr Ibn Aziz Adbd Al Salif, dit Azim

La vie du prince Altaïr semblait toute tracée. L'aigle, tel que signifie son nom, vivait dans l'opulence et la protection du palais familial.
De précepteurs en courtisanes, de parties de chasse en joute verbale, la jeunesse du prince n'était bouleversée que par les menus problèmes que lui apportaient son extravagance et son amour des femmes : des cocus indignés et des bellâtres insultés vociférant, de temps à autres, à son encontre.
Le Destin, cependant, se chargea de frapper à la porte du prince, là ou on l'attendait, mais pas de la manière escomptée.
Ce jour là, le Vizir, lui même, accompagné de quelques ambassadeurs étrangers, était en visite chez le Père d'Altaïr. Festin, cérémonies et protocole étaient de mises, chacun tentant soit de flatter, soit de s'imposer, aux yeux des convives de marque. Les plus beaux atours paraient les hommes, les plus beaux bijoux, les femmes. Et celle là était la plus belle. La plus pâle, la plus fraîche, la plus intouchable, la plus irrésistible. La femme de l'ambassadeur d'Escarte illuminait de sa présence toute l'assemblée.
Avec la confiance de la jeunesse, Altaïr entreprit de séduire la belle, la charmant par le verbe et la danse. La soirée venue, ils partagèrent le même lit avec, pour seuls témoins, les bâtonnets d'encens rougeoyants à l'odeur entêtante.
L'ambassadeur d'Escarte remonta plus tôt de la fête, s'inquiétant des la disparition de sa jeune épouse. Surprenant l'étreinte des deux amants, fou de rage, il tenta de pourfendre Altaïr de son épée. Mal ajusté, le coup transperça son épouse adultère, la tuant sur le coup, répandant son sang sur les draps blancs. Altaïr, ivre de colère, saisi son poignard et se rua sur l'ambassadeur. Le cri de l'homme fut étranglé alors que la lame pénétrait profondément dans sa gorge.
Rapidement, les gardes arrivèrent dans la chambre. Altaïr était le meurtrier d'un invité de marque du Vizir, sous le toit de son propre père. Il se savait condamné. Pris de panique, il rejoignit sa propre chambre et fit ses bagages, s'emparant de tout ce qu'il avait de précieux à portée de mains : son tapis volant, ses armes, son armure d'apparat, la bague et le gant magique de sa famille, ainsi qu'une amulette porte-bonheur. Le vizir hurlait des ordres alors qu'Altaïr se fondait définitivement dans les ténèbres de la longue nuit qui ne faisait que commencer.
Son errance dura 5 ans. La première année, il se fit oublier en rejoignant une caravane de la Purification. Cependant, il ne trouva jamais la Foi, son cœur était trop empli de fougue et d'insouciance. Il quitta alors la caravane pour trouver l'Aventure... et il trouva les Enfants des Zouks.
Là, il se sentit renaître. Son adresse, sa détermination, son insouciance et son charme furent ses plus précieux atouts. Il monta plusieurs coups, se fit connaître auprès de multiples organisations et, au final, son passé revint à lui d'un manière amusante : on appelait le Prince. D'aucun pensait à Prince des voleurs, mais d'autres, en revanche, avaient reconnu l'homme qu'était devenu le jeune prince meurtrier et fugitif. Azim, le grand, devint un héros parmi les voleurs.
Le Prince, avec son tapis volant et son sourire ravageur était prêt. Mais, le Destin, à nouveau, allait revenir bousculer sa vie.


mardi 12 mai 2009

[Zozios] La Bulle











































Et revoilà un petit scénario écrit pour les Zozios de mon talentueux ami Maz.
Un peu d'amitié et de Philosophie.

« Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

mardi 21 avril 2009

[Star Wars] Baptême du Feu

Encore un texte que j'ai retrouvé sur le net, datant de mon incursion sur le MMORPG Star Wars Galaxy. Ce dernier retrace un combat avec la guilde de l'époque (ce qui explique certains noms pour le moins... étrange ^^)
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"Wooooooaaaarrrr !!!!"
Le cri du wookie, un géant poilu se nommant Corback, résonne dans mes tympans.
Déjà, mes compagnons sont prêts. C'est mon baptême du feu ce soir. Peut être le dernier. Mes mains tremblent.

Notre petite troupe, menée par Frossk, un mystique Trandoshan, a trouvé le camp retranché Impérial. Là, au milieu des extracteurs minéraux, le colonel et son lieutenant converse.
De quoi parlent t'ils ? Ce n'est pas vraiment notre soucis pour l'heure, leurs uniformes impériaux étant notre seul objectif, notre seul but et, pour certains, notre seule raison de vivre.

Les blasters de l'Empire répondent aux cris du wookie. Ils sont bien entraînés, leus mouvements ne trompent pas. Ils adoptent une formation défensive, profitant des nombreux renfoncement qu'offrent les plaines vallonnées de Corellia.
Tanj Leto, un compagnon d'arme, pose un genoux à terre. Confiant, contrôlant sa respiration, je le vois ajuster son fusil blaster, trophée d'un précédent combat. Inexorablement, son tir fait mouche par deux fois, obligeant le colonel impérial au repli.

Profitant du répit, Frossk, se rue dans la place forte, bondissant tel un tigre, suivi de près par le wookie. J'ai l'impression de voir se déchaîner deux puissances animales, deux esprits sauvages, à mesures que leurs coups de poings, de pieds et de griffes,
s'abattent sur le corps de l'officier.

Le combat semble gagné pour nous. Je saisi mon blaster, et fais feu pour soutenir mes camarades. Mes traits rouges ne sont pas aussi précis que les leurs, mes tremblements s'ajoutant à mon inexpérience du combat.

Assailli par nos tirs ininterrompus, et l'avalanche de coups des deux combattants à ses trousses, le colonel, meurtri, commence à faiblir. Dans sa robe cérémonielle, Frossk enchaîne les mouvements ancestraux qui ont fait la réputation de sa race. Tanj, impassible, concentré, ajuste un par un ses traits mortels. C'est à peine si je peut l'entendre respirer, à peine si j'entends vivre ce dispenseur de mort.
Une unité d'esprits semblent prendre corps entre nous, nous liant les uns les autres dans la Force.

Nous en avions presque oublié le lieutenant...

Un laser vert frôle ma tête. Alors que le second tir semble venir directement entre mes deux yeux, notre leader, le colonel Rankill Dax, se projette devant moi, faisant rempart de son corps. Encore en suspension dans l'air, je le vois dégainer son scout blaster .
Le tir qui m"était destiné le touche de plein fouet. Une odeur de chair brûlé monte jusqu'à mes narines. Son courage, forgée par des centaines de combats, prend le pas sur sa douleur. Avant même d'avoir touché sol, il tire deux fois vers l'ennemi, obligeant ce denier à se terrer derrière un maquis d'arbuste a moitié roussi par le soleil.
Terminant sa chute en roulé-boulé, Rankill ne gémit pas. Il se met en posture d'attaque et attend l'opportunité. Mais je ne m'y trompe pas, j'ai déjà vu ce genre de blessure auparavant. Son coeur va faire l'effet d'une pompe d'extraction, et, si je n'agis pas, il mourra, son sang vidé de son corps, sur les plaines de Corellia.

Ma peur m'abandonne. Je sais ce que je dois faire. J'ai fais ce geste un million de fois. D'une main sure, je saisis le stimpack à ma ceinture. Pointant mon blaster de la main droite vers la position du lieutenant embusqué, je m'approche de mon colonel, de mon ami, de mon patient. Le canon du stimpack aux abords de la blessure, je vide la substance chimique par a-coups. Il s'en sortira. Je ne suis peut être pas un grand combattant, mais je viens de comprendre que j'avais, moi aussi, ma place dans cette unité. La blessure a peine refermée par les agrafes sous-dermiques, Rankill se lève d'un bond et canarde le buisson, réduisant ce dernier à l'état de poussière calcinée. A découvert, le sous officier a un dernier sursaut de courage et se rue vers nous.

Dès sa première foulée, il est plaqué à terre d'une prise martiale de Frossk ; les deux combattants ayant abandonné le corps sans vie du colonel impérial non loin de là. Corback, le wookie, pousse de nouveau son cri, en levant au dessus de sa tête, ses deux poings serrés, telles deux massues d'aciers recouvertes de fourrures.

Je détourne les yeux alors qu'elles s'abattent sur l'homme à terre. Le vent emporte son cri de douleur, semblant passer à travers moi, porté par les odeurs d'ozone qui flottent autour du champ de bataille.
Tanj inspecte son fusil-blaster. Il semble déjà avoir oublié l'escarmouche.
Rankill se lève, une main sur sa blessure, et me tape fraternellement sur l'épaule. "Merci Senzo".

Je ne tremble plus.